être, faire, Coexister.

Ce billet a été écrit par S.C. de l’Association Coexister (plus d’infos par ici !)

9 Juin 2017, Campus de l’Université Sophia Antipolis, Nice. Les Rencontres Nationales de Coexister débutent. Pendant un week-end, les Coexistants se regroupent pour célébrer l’année de militantisme écoulée. Petit à petit, arrivent les quelques 200 coexistant.es qui ont répondu présent.es à l’invitation. Qui sont-ils?

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Des identités pour le vivre-ensemble

Ils/elles ont entre 15 et 35 ans, ils viennent de Paris, Toulouse, Marseille, Lyon, Orléans, Londres, Bruxelles ou Mannheim. Ils sont 2000 adhérent.es et 800 membres en responsabilité, répartis dans 42 groupes locaux, dont des groupes en Europe. Certains sont lycéen.nes, entrepreneur.ses, certains étudiant.es, d’autres en reconversion professionnelle. Les parcours sont divers, autant que les convictions présentes : ils/elles sont athées, musulman.es, agnostiques, chétien.nes, juif.ves ou  bouddhistes. Certains d’entre eux/elles ont rejoint l’association après les attentats, pour se retrouver eux-mêmes et rencontrer d’autres croyances. Coexister est le mouvement interconvictionnel des jeunes. L’association est aujourd’hui reconnue d’intérêt général, elle a été lauréate du Grand Projet présidentiel «La  France S’engage » et travaille en collaboration avec de nombreuses institutions et associations, comme l’Observatoire de la Laïcité, Les Scouts et Guides de France, La CNCDH, l’Afev,… Lancée en 2009, son message se propage hors de France et plusieurs groupes sont présents ou en cours de création en Europe (Suisse, Allemagne, Royaume-uni, Belgique…).

Qu’est-ce qui lie tous ces profils ? Un objectif commun, œuvrer pour le vivre-ensemble.

Une méthode : la coexistence active

Pour cela, Coexister a une méthode : la coexistence active. Trouver le juste équilibre entre l’identité et l’altérité. En d’autres termes, dans une rencontre, combien je suis prêt.e à donner de moi et combien je suis prêt.e à accepter de l’identité de l’autre, pour que l’on puisse vivre ensemble en toute compréhension et sans conflit. En pratique, cela se traduit par le « parcours du coexistant ». Au travers d’événements de dialogue, les coexistant.es apprennent à se connaître, découvrent les convictions des autres, parfois redécouvrent les leurs. Puis une fois qu’ils sont d’accord pour ne pas être d’accord, ils organisent des opérations de solidarité, pour montrer qu’aujourd’hui, faire ensemble en France c’est possible. Enfin, les coexistant.es organisent des ateliers de sensibilisation auprès des jeunes et des moins jeunes, la plupart du temps en milieu scolaire, pour parler de leur quotidien de coexistant, créer des espaces de dialogue, déconstruire les préjugés sur les convictions et échanger sur la laïcité.

Agir ensemble pour vivre ensemble

Lorsque l’association est créée en 2009, c’est autour d’une opération de solidarité que se regroupent une dizaine de jeunes de convictions différentes. Ensemble ils vont donner leur sang, avec la symbolique de faire couler le sang pour la paix et non pour la guerre. « Ensemble à sang100 % » devient une action phare de Coexister, qui est un partenaire de l’EFS.

Dans le paysage associatif français on retrouve de nombreuses initiatives de dialogue inter-religieux, la particularité de Coexister c’est sa capacité, d’une part, d’aller au delà de l’inter-religieux monothéiste, d’autre part de dépasser le dialogue et mettre l’agir au cœur de son action, et enfin, de se définir comme un mouvement de jeunesse. L’interconvictionnel unique de Coexister, c’est la place des agnostiques et athées. En France, il y aurait un tiers de croyants, un tiers d’agnostiques et un tiers d’athées. Dès lors que l’association se positionne comme œuvrant pour le vire-ensemble, il paraît impensable d’exclure une partie de la population.

Le faire-ensemble une condition sine qua non au vire-ensemble. Parler, c’est bien, agir c’est mieux. Coexister, par ses opérations de solidarité, veut montrer que grâce aux différences, il est possible d’aller plus loin. Aussi, sur l’année scolaire 2016/2017, environ 370 opérations de solidarité ont été organisées dans toute la France : maraudes, dons du sang, emballage de cadeaux, foots solidaires, cours aux personnes réfugiées, etc…

« La jeunesse, ce n’est pas le futur, c’est aujourd’hui »

En 2013, lors de la première édition de l’InterFaith Tour[1], les cinq membres de l’équipe ont parcouru 50 pays et recensé 435 initiatives inter-religieuses, parmi celles-ci 5 seulement étaient des initiatives jeunes, Coexister incluse. Une particularité pertinente, tant il est nécessaire pour la jeunesse de se réapproprier ses convictions, ses spiritualités et prendre sa place dans la société. Il s’agit d’une association par les jeunes et pour les jeunes. Si les événements organisés par les groupes sont ouverts à tous les publics et tous les âges, les postes à responsabilité ne sont réservés qu’aux 15-35 ans. « La plupart du temps dans les associations, on retrouve tout le temps les mêmes personnes, aux mêmes postes pendant de nombreuses années, Coexister c’est différent, on donne la place aux jeunes même – et surtout –  pour les grosses responsabilités » confie Marie N. A tire d’exemple, il y a deux ans, la responsable du groupe de Paris avait 17 ans. Cette reconnaissance de l’engagement jeune, a permis à certains membres de l’association de se lancer dans des projets comme l’entrepreneuriat, de se réorienter scolairement ou professionnellement. Par ailleurs, Coexister qui est une association est aussi entrepreneur social. A ce tire, elle embauche 9 personnes. Elle offre une mixité sociale, qui est difficile à retrouver dans des cursus professionnels précis.

Quel(s) impact(s) ?

Aujourd’hui, l’association cherche à se doter d’outils pour aller plus loin dans la mesure de son impact. Cela dit, si l’on ne prend en compte que les chiffres de l’année 2016/2017, en matière de sensibilisation, Coexister a animé 427 ateliers. C’est 22 280 jeunes touchés. Nombreux sont les exemples de jeunes, qui après avoir participé à un atelier de Coexister ont rejoint l’association, soit au sein d’un groupe existant, soit en créant un groupe, ou encore en volontariat de Service Civique. Grâce à Coexister, certain.es coexistant.es ont eu suffisamment confiance en eux/elles pour changer d’orientation ou faire une reconversion professionnelle.  Enfin, on peut dire que Coexister rayonne au delà de ses propres membres, car les Coexistant.es sont les ambassadeurs de la Coexistence Active, dans leurs environnements : familles, amis et collègues.

[1] L’InterFaith Tour est un programme qui permet à des jeunes de convictions différentes, pendant un an, d’expérimenter l’interconvictionnel au quotidien et de recenser, mettre en relation et importer les bonnes pratiques en France.

Une réflexion sur “être, faire, Coexister.

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