Oui, le vote FN est un vote RACISTE. Et certainement pas antisystème !

Cet article a été écrit et publié à l’origine le 27 Avril 2017 (voir sur MediaPart). 
[CW : Cet article contient des propos et insultes racistes, antisémites et homophobes]

L’entreprise de dédiabolisation du FN a parfaitement fonctionné. C’est regrettable, car elle n’est qu’apparence. Voter pour le parti à la flamme bleu-blanc-rouge c’est, encore aujourd’hui, encourager, renforcer, légitimer, participer à ancrer durablement une idéologie belle et bien raciste.

33.9% : le score de Marine Le Pen au second tour des présidentielles 2017. Soit 10,6 millions de voix. Deux fois plus que son père en 2002. Il y a 15 ans, la présence du Front National au second tour avait fait l’effet d’un électrochoc : les électrices et électeurs de gauche, la mort dans l’âme, se sont déplacé-e-s en masse pour voter Chirac. Tout mais pas le FN ! En 2017, cet effet repoussoir a beaucoup moins bien fonctionné. C’est que l’entreprise de dédiabolisation du FN a, elle, parfaitement fonctionné. C’est regrettable, car elle n’est qu’apparence. Voter pour le parti à la flamme bleu-blanc-rouge c’est, encore aujourd’hui, encourager, renforcer, légitimer, participer à ancrer durablement une idéologie belle et bien raciste. Ce qui revient à taper sur celles et ceux qui sont déjà mis au ban de notre société, et donc certainement pas à protéger les plus faibles. Nous comprenons ceux et celles qui se sentent laissé-e-s pour compte par les politiques actuelles, mais il est trompeur de croire que Marine Le Pen représentera les intérêts du peuple plutôt que ceux d’une oligarchie à laquelle elle appartient.

Le FN, un parti fondamentalement raciste

L’un des éléments clés de la stratégie de dédiabolisation du Front National fut de s’atteler à couper les ponts avec Jean-Marie Le Pen et ses idées ; le tout dans un exercice relevant parfois de la prouesse équilibriste, puisqu’accompagné de la volonté de ne pas complètement perdre les soutiens historiques du parti. Les querelles entre le patriarche et sa fille ont été suffisamment médiatisées pour convaincre certains qu’elle ne partage nullement les idées de celui-ci. Jean-Marie Le Pen est allé jusqu’à attaquer le Front en justice – si ce n’est pas la preuve d’un profond antagonisme ! Il faudrait avoir l’esprit bien retord pour s’étonner que, à peine plus d’un mois suivant la décision de justice entérinant son exclusion du Front National (mais dont il est toujours président d’honneur – prouesse équilibriste, n’est-ce pas), Jean-Marie Le Pen ait consenti à ce parti qui venait de l’exclure un prêt de 6 millions d’euros (via son micro parti Cotelec) pour financer la campagne de sa fille… (source)

Surtout, en affirmant récemment que la France n’était pas responsable du Vel d’Hiv, Marine Le Pen s’est inscrite dans la tradition des déclarations chocs de son père. Ses justifications (la véritable France était à Londres) ont de quoi faire rire (jaune) celui ou celle qui connait l’histoire du Front National, dont les fondateurs s’opposaient au Général de Gaule et frayaient avec de nombreux collaborationnistes. Il faudrait être naïf pour ne pas saisir la finalité d’une telle phrase. Pourquoi une telle déclaration, sinon pour rappeler aux adeptes de l’extrême droite historique (pour lesquels la version dédiabolisée du parti est parfois trop modérée) qu’elle n’a pas réellement coupé les ponts avec leurs « valeurs » traditionnelles ?

D’autres indices sont de nature à soulever des interrogations sur sa prétendue distanciation avec les idées de l’extrême droite traditionnelle. S’acharner à réfuter l’appartenance du Front National à celle-ci n’a d’ailleurs pas empêché Marine Le Pen de se rendre au bal annuel des corporations pangermanistes, suite à l’invitation du FPÖ, parti autrichien… d’extrême droite. (source) Il y a également cette photo de 2006, sur laquelle elle pose avec « deux figures de la scène néo-nazie lyonnaise ». (source)

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Si elle nie toute affinité avec les deux hommes de la photo, certains de ses proches sont soupçonnés d’être des admirateurs du nazisme. Des photos de 2011 montrent le conseiller régional FN d’Ile-de-France et trésorier du microparti Jeanne, Axel Loustau, également membre de l’équipe de campagne de Marine Le Pen, en train d’effectuer ce que beaucoup ont identifié comme un salut fasciste – un simple geste amical, affirme-t-il. D’après un témoin interviewé par Envoyé Spécial, Frédéric Chatillon, ancien leader du GUD et ami de Marine Le Pen depuis une vingtaine d’année, est quant à lui fan d’Hitler et adepte de soirées dans lesquels on plaisante sur l’Holocauste et les camps de concentration.

« Envoyé spécial ». Un témoin accuse des proches de Marine Le Pen d’être nostalgiques du nazisme © Envoyé Spécial

En 2009, ce même Frédéric Chatillon avait accompagné au tribunal le négationniste Robert Faurisson, pour lequel les chambres à gaz n’ont pas existé… Soulignons au passage que tous deux cumulent les mises en examen dans le cadre d’une enquête sur le financement potentiellement illégal du FN par le micro parti Jeanne. (source)

Un autre mis en examen dans cette affaire, l’eurodéputé Jean-François Jalkh, qui était encore il y a peu premier vice-président du Front National, vient de remplacer (provisoirement) Marine Le Pen à la tête du parti, pour qu’elle se consacre à la campagne présidentielle. Or, il s’agit d’un ancien proche de Jean-Marie Le Pen, qui en 1991 s’était rendu avec celui-ci à la commémoration de la mort du Maréchal Pétain. (source) Laurent de Boissieu, journaliste politique du quotidien La Croix, a récemment diffusé une interview de Jean-François Jalkh, publiée en 2005 dans la revue universitaire Le Temps des savoirs, dans laquelle il a tenu les propos suivants :

 © Le Temps des savoirs, numéro 7, éditions Odile Jacob, mars 2005© Le Temps des savoirs, numéro 7, éditions Odile Jacob, mars 2005

Face aux dénégations de Jean-François Jalkh, Buzzfeed News a contacté la chercheuse qui l’avait interrogé, qui déclare : « Je suis très tranquille, j’ai les enregistrements audio et la retranscription complète de l’entretien. Rien n’a été falsifié, je confirme les propos tels qu’ils ont été retranscrits ». (source)

Il est vrai que, parfois, les membres dont les sorties vont un peu trop loin et (surtout ?) émeuvent la presse et l’opinion publique sont sanctionnés. Par exemple, ce candidat – Alexandre Gabriac –  exclu du parti pour avoir effectué un salut nazi. Ou celui-ci, Guillaume Jambard, qui s’est vu retirer son investiture après avoir fait la promotion de la devise de Pétain sur Twitter. Ou encore celui-ci, Alexandre Larionov, exclu pour avoir appelé aux meurtres des juifs en évoquant leur destruction « une fois et pour toujours ».

Si le Front National était un parti « comme les autres », attirerait-il ce type de profils ? Est-il possible pour un parti d’ignorer à ce point les idées des candidats qu’il présente, surtout lorsqu’elles sont aussi extrêmes et pas forcément dissimulées ? Alexandre Larionov (le dernier exemple) avait publié les propos incriminés sur sa page Facebook, et ce avant de rejoindre le Front National. Comment celui-ci pouvait-il ne pas savoir ?

En outre, la portée de ces exclusions semble pouvoir être relativisée. En 2011, Jacques Coutela fut suspendu du FN suite à la publication, sur son blog, d’un billet dans lequel il défendait Anders Breivik – le terroriste d’extrême droite, auteur des attentats d’Osla et d’Utøya en Norvège (77 personnes assassinées). Après seulement 3 ans, il est réintégré et candidat FN aux départementales de 2014. (source) 

D’après un ancien militant :

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Certains penseront peut-être qu’il s’agit d’individus isolés. Mais ce ne sont que quelques exemples et les occurrences de militants et candidats FN ayant tenus des propos ouvertement racistes (sans être systématiquement exclus) sont beaucoup plus nombreuses qu’on nous le laisse croire – notamment à travers l’utilisation systématique du terme « dérapage » pour les désigner. En 2015, le site l’Entente citait, entre (de très nombreux) autres exemples :

  • Julien Claudon, candidat du FN à Villegusien-le-Lac (Haute-Marne) qui a écrit sur Facebook : « bounioule et assimilé on va tous les defoncé mdr », mais aussi: « WHITE MAN MARCHES ON!!!!!! Yesssss. », paroles d’une musique qui contient notamment ces mots  : « We washed ourselves in niggers blood and all the mongrels too, we’re taking down the zog machine jew by jew by jew » (qu’on peut plus ou moins traduire par : « Nous nous sommes lavés dans le sang des noirs et des bâtards, nous faisons tomber l’occupation sioniste juif par juif par juif »).
  • David Berton, candidat du FN à Albertville-2 (Haute-Savoie), (…) qui a commenté ainsi une vidéo des Inconnus : « Mdr, Les juifs ont toutes les bonnes places et tous les bons rôles et le rôle de l’enculé de service c’est le petite Français, très pertinent, j’adore ! ».
  • Anne Brunot, candidate du FN à Troyes-2 (Aube), qui commente ainsi une décapitation d’otage de Daesh : « comment peut-on s’en prendre à une si belle personne .quelle race de merde! ».
  • Antoine Elkik, investit par le FN à Saint-Maur-des-Fossés-1 (Val-de-Marne), et s’est adressé ainsi à Najat Vallaud-Belkacem : « @najatvb cafarde c’est toi qui a besoin de blanchiment avec ta gueule de maghrébine, les chaussures de Marine sont plus propres que toi ». Il a ajouté sur Facebook que « les muzz sont fiers par leurs rabaissements,en arabe ça se dit fakhrahom fi zollihimm,un peu comme le sado mazo pédéraste fier de se faire enculé et tabassé,il a la jouissance mortifère d’un muzz qui fait ramadan le jour et se goinfre la nuit ».
  • Alain Gerboles, candidat du FN à Saint-Céré (Lot), qui a commenté un article sur des investissements qataris : « de l’argent merdic,rentrez vous ça dans la tète,les Français n’aiment pas les arabes,n’aiment pas l’islam,un point c’est tout,c’est génétique. »
  • Catherine Cauzeret (candidate du FN à Levroux, dans l’Indre), qui a réagi ainsi à la condamnation d’Anne-Sophie Leclère, ancienne candidate FN aux municipales, pour avoir comparé Taubira à un singe : « ELLE A DIT CE QUE TOUT LE MONDE PENSE TOUT BAS !!!!! qu’ils soit de n’importe quel partie politique. »

L’Entente a répertorié de nombreux autres propos, antisémites et racistes mais également souvent homophobes (tant qu’à faire) que vous pouvez consulter ici ou encore ici (et plus largement sur l’ensemble de leur site).

Voter pour le FN, c’est voter pour ces gens-là. C’est accepter que des personnes ayant tenu ce type de propos, s’inscrivant dans ce type d’idéologie, puissent se retrouver à des postes politiques importants et influencer l’avenir de notre pays. En outre, comment penser que tant de candidats et membres d’un parti puissent tenir publiquement de tels propos sans que cela ne soit significatif des idées véhiculées par et au sein du dit-parti ?

Certains se sont heurtés à cette réalité : ils ont cru au discours officiel du Front, l’on rejoint et ont déchanté :

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Voter FN, même dans un but protestataire, c’est donc forcément conforter les racistes dans leur idéologie. C’est leur envoyer le message que leur pensée n’est pas assez grave pour leur refuser une voix, autrement dit, qu’elle est acceptable ; ce qui ne pourra qu’encourager son expression (déjà bien trop présente), notamment via l’agression de ceux qui sont les objets de leur haine. Tous ceux qui ont voté pour le Brexit au Royaume-Uni n’étaient pas racistes, loin de là. Des partis classé (très à) gauche ont appelé à voter contre l’UE, trop libérale à leur goût. Néanmoins, la campagne pro-Brexit était fondée en grande partie sur la promesse d’une fermeture des frontières et, plus largement, le rejet de l’étranger ; elle était principalement représentée par l’UKIP (plus souvent qualifié de parti populiste de droite que d’extrême droite, c’est-à-dire plus modéré que le Front National). Or, dès le lendemain du référendum, les attaques et commentaires racistes ont enregistré une hausse importante : d’après les chiffres officiels, les « crimes de haine » ont augmenté de 41% après le vote(source) De toute évidence, beaucoup ont interprété celui-ci comme légitimant leur répugnante idéologie. Au vu de ce qui a été exposé ci-dessus, comment penser qu’une accession du FN à la plus haute fonction de l’Etat n’aurait pas un effet similaire, ou très probablement pire ?

Voter Front National, c’est donc mettre en danger les minorités « raciales ». Mais pas seulement. Les droits des homosexuels seraient aussi touchés en cas d’accession de Marine Le Pen au pouvoir : malgré la présence surmédiatisée de Florian Philippot, La Manif Pour Tous vient d’appeler à voter Front National. Le programme du parti prévoit d’abrogation du mariage pour les couples gays et lesbiens. Les propos de nombreux cadres et militants prouvent que l’homophobie fait aussi partie de l’ADN du parti. Les femmes souffriraient elles aussi, même si Marine Le Pen tente de faire croire qu’elle est engagée en faveur de nos droits. Son programme prévoit de remettre en cause les lois sur la parité en politique (qui ne sont déjà pas respectées). Ainsi que le révèle Les Glorieuses, députée européenne depuis 2004, « elle n’a [jamais] fait de proposition de lois concernant les droits des femmes ». Son seul fait d’arme en la matière ? « Elle a posé une question parlementaire sur le cancer du sein ». Beaucoup plus dérangeant, elle a voté contre ou s’est abstenu lors du vote de presque tous les projets visant à améliorer la situation des femmes (quand elle n’était pas absente).

Taper sur les minorités et ceux dont les droits sont déjà précaires (quand ils existent), c’est conforter le système, pas le contrer.

Le FN, les Le Pen et le système: la grande mascarade

Il a été l’ennemi numéro un de cette campagne. Non, je ne parle ni du voile (quoi que…), ni du respect (enfin…), mais bien du « système ». Beaucoup de candidats ont décidé de s’ériger en opposants impitoyables à ce monstre sournois, mais apparemment indistinct, puisque personne ne semble disposé à nous en donner une définition précise – comme c’est arrangeant. Beaucoup s’y sont attaqués, donc, mais il faut reconnaitre que la championne auto-déclarée de la lutte contre ce « système », c’est Marine Le Pen.

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Pour illustrer son féroce combat antisystème, la présidente du FN aime à rappeler que contrairement à tous les autres, elle ne fait pas partie d’une élite politico-financière, mais qu’elle est l’unique défenseuse et représentante du peuple.

Vraiment ?

La famille Le Pen posant devant leur demeure, le château de Montretout.
La famille Le Pen posant devant leur demeure, le château de Montretout.

Rappelons d’emblée que, suite à l’héritage – dans des conditions troubles et contestées – (source) de la fortune d’Hubert Lambert, millionnaire d’extrême droite à la santé physique et mentale très fragile, la famille Le Pen s’installe dans son château à Saint Cloud. Nous sommes en 1976, Marine Le Pen a huit ans, elle y grandira et y vivra près de 40 ans. L’héritage des Le Pen ne se cantonne d’ailleurs pas à un domaine dans la banlieue riche de Paris, mais se chiffre à plusieurs millions d’euros – permettant à cette famille « antisystème » de s’octroyer plusieurs demeures, les services d’un majordome et une Rolls Royce. (source)

Marine Le Pen est donc une riche héritière, mais cet héritage n’est pas seulement financier, il est aussi politique. Ayant fait des études de droit, elle ne sera avocate que 4 ans (dans le cabinet d’un ami de Jean-Marie Le Pen source), avant d’être employée par le parti de son père. D’ailleurs, travailler pour le FN semble être une tradition familiale : sa grande sœur puis sa nièce ont également intégré le parti.

Quoi qu’elle en dise, Marine Le Pen est donc le pur produit d’une dynastie politico-financière.  Cela empêche-t-il pour autant son parti d’être proche du peuple ? Lorsqu’on écoute le témoignage de Romain Tardieu, ex-élu et cadre du FN à Brignoles, on peut sérieusement se poser la question :

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Pour attaquer le « système », Marine Le Pen n’hésite pas non plus à marteler qu’il s’agit d’une bulle servant et protégeant ses propres intérêts, au détriment des honnêtes gens. Or, l’une des manifestations évidentes de ce phénomène, c’est bien la multiplication des affaires de fraude et de détournement d’argent public par nos politiques.

Faut-il encore le rappeler, le FN baigne dans les affaires. Comme l’expliquent Mathias Testal et Marie Turchi dans leur livre « Marine est au courant de tout », Jean-Marie Le Pen est un habitué des voyages en Suisse, et les « Panama Papers » ont dévoilé que son majordome – qui l’accompagne lors de toutes ses excursions au pays des Helvètes  – possèderait près de 2,2 Millions d’euros sur un compte off-shore (source). Ces mêmes «Panama Papers» ont d’ailleurs révélé que Nicolas Crochet (expert-comptable, chargé du programme économique de Marine Le Pen en 2012, proche conseiller de celle-ci) et Frederic Chatillon (ami de Marine Le Pen, fondateur de l’agence de communication Riwal,  principal prestataire de la communication du FN, puis salarié de la campagne du parti) ont eux aussi menés des opérations financières suspectes et complexes pour sortir de l’argent de France, en passant par Hong Kong, Singapour, les Iles Vierges Britanniques et le Panama (source). Et bizarrement, moi, quand on me dit « compte off-shore», je pense plus au «système politico-financier», qu’au «peuple» et ou aux honnêtes gens.

Et c’est sans compter la dernière affaire en date, où le FN est soupçonné d’avoir financé des postes de cadres au sein du parti, en France, avec de l’argent du Parlement Européen (de l’argent public, donc) et au travers d’emplois fictifs . Une note retrouvée sur l’ordinateur du trésorier du parti laisse d’ailleurs à penser que cette affaire émane en réalité d’un «véritable système de financement du parti via le Parlement européen et les assistants parlementaires [qui ] a été pensé en amont, et en haut lieu, pour faire supporter intentionnellement à l’Union européenne ses dépenses ». (source)

Il est intéressant de noter que, pour cette affaire, Marine Le Pen a refusé de se présenter devant les juges en utilisant son immunité parlementaire, un privilège octroyé aux élus mais pas aux ouvriers, comme le soulignera Philippe Poutou lors du débat présidentiel.

Philippe Poutou à Le Pen: « Nous on n’a pas d’immunité ouvrière » © Déradicalisation des médias

Une candidate opposée au « système », donc, sauf lorsqu’il s’agit d’en profiter et de se servir de ses outils protecteurs. 

Enfin, si le FN ne cesse de dénoncer les effets et les décisions de l’Union Européenne, jugés contraires aux intérêts de la France et du peuple français, l’année dernière, une directive a été adoptée par presque tous les eurodéputés du parti (y compris Marine Le Pen) (source). Cette directive, c’est celle portant sur le secret des affaires.  Elle permet « d’empêcher l’obtention, l’utilisation ou la divulgation illicites d’un secret d’affaires », tels que des « innovations technologiques, des données économiques ou tout autre document » (comme, au hasard, des informations bancaires portant sur des comptes off shores suspects). (source)

Le FN a donc massivement voté pour adopter une mesure européenne qui peut directement contrevenir aux intérêts de millions de citoyens, pour protéger les siens. Peut-on faire plus représentatif d’une appartenance claire et marquée au système politico-financier européen ?

Si le FN passe au pouvoir, comment ne pas penser qu’il continuera à servir ses propres intérêts, puisque lorsque l’Union Européenne – organisation qu’il déteste et dénonce constamment – lui en donne la possibilité, il le fait sans hésiter ?

Tout laisse à croire que ses membres sont avant tout motivés par l’appât du gain…

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Bien sûr, le Front nous répondra que tout cela n’est que balivernes ; des mensonges inventés et relayés par le système pour leur nuire. Parce que, bien sûr, tout le monde est contre eux, depuis toujours. Surtout les médias «mainstream » (c’est-à-dire tous ceux qui pensent différemment du Front National), ultimes suppôts du système. C’est sans doute pour cela que pendant cette campagne présidentielle, l’on a beaucoup plus entendu parler des affaires de François Fillon que de celles du Front National. Sans cette couverture médiatique, le parti des Républicains aurait certainement été au second tour. Mais les médias s’acharnent contre le Front National, bien sûr. C’est sans doute pour cela, aussi, que Florian Philippot, qui incarne si bien la dédiabolisation du Front, apparaît sans cesse à la télévision, notamment sur BFMTV. Pour cela également que le site L’Entente, que nous avons déjà cité – il répertoriait les « propos abjects et aberrants » tenus par des cadres et militants FN – a fermé ses portes il y a un peu plus d’un an, face à l’insuffisance des réactions suscitées par leurs révélations. Ainsi qu’ils l’écrivaient alors :

«Que le FN parvienne à convaincre de nombreuses personnes que les médias sont foncièrement injustes avec lui peut étonner, quand on voit comment certaines nformations sur ses cadres ne provoquent que quelques maigres articles de presse. Imagine-t-on par exemple un secrétaire national de LR ou du PS ne pas faire la une pendant un mois si plusieurs anciens responsables et élus du parti affirmaient que celui-ci, en plus d’adhérer à des groupes Facebook qui appellent à « défoncer la gueule des sionistes importants et des collabos des sionistes comme BHL, Attali, Valls, Hollande, Copé, Cohn-Bendit, Sarkozy, Mélenchon, etc. », possédaient chez lui de la « vaisselle ciglée SS » et un « portrait d’Hitler » ? Ce fait devient inquiétant lorsqu’on comprend qu’il ne s’agit pas d’une exception isolée (loin de là). »

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